Investiture de Joe Biden : mode d’emploi d’une cérémonie ancrée dans la tradition

Investiture de Joe Biden : mode d’emploi d’une cérémonie ancrée dans la tradition

19 janvier 2021 Non Par La Redaction

Le démocrate Joe Biden va entrer, mercredi, à la Maison Blanche, à l’issue de la cérémonie d’investiture. Depuis le premier « Inauguration Day » en 1789 avec la prestation de serment de George Washington jusqu’à celle de Donald Trump en 2017, l’assermentation n’a cessé d’évoluer tout en se conformant à des traditions bien ancrées.

La cérémonie d’investiture du 46e président américain, le démocrate Joe Biden, va se dérouler, mercredi 20 janvier, à Washington. C’est dans une capitale désertée, quadrillée par l’armée, qu’il va prêter serment aux côtés de la vice-présidente Kamala Harris. Cette journée particulière répond à de nombreux codes et traditions.

La date du 20 janvier

La toute première inauguration de l’histoire américaine, celle de George Washington, a eu lieu le 30 avril 1789 pour des raisons climatiques. Il a fallu attendre le dégel de l’hiver pour se déplacer. La date a ensuite été fixée au 4 mars, soit environ quatre mois après l’Election Day, le jour de l’élection du collège électoral qui élit le président et le vice-président. Mais en 1933, après l’élection de Franklin Roosevelt et alors que le président en exercice Herbert Hoover est très impopulaire, cette période de transition paraît trop longue. Un mois avant la prise de fonction de Roosevelt, la ratification du vingtième amendement de la Constitution américaine change le début des mandats du président et du vice-président, l’avançant au 20 janvier.

Il y a eu cependant trois exceptions, celles de Dwight D. Eisenhower en 1957, de Ronald Reagan en 1985 et de Barack Obama en 2013. Ces investitures ont été décalées au lundi 21 janvier, car le 20 janvier tombait un dimanche.

La cérémonie qui marque l’inauguration du mandat présidentiel a lieu devant le Capitole, le bâtiment qui abrite le Congrès, à Washington et ce depuis 1801, lorsque Thomas Jefferson, le troisième président des États-Unis prêta serment. La toute première investiture, celle de George Washington, avait eu lieu au Federal Hall de New York, sur Wall Street. Deux autres investitures, celles de William Howard Taft en 1909 et de Ronald Reagan en 1985, ont pour leur part eu lieu à l’intérieur du Capitole, en raison des conditions climatiques. Alors que le thermomètre affichait -13°C, Ronald Reagan avait laissé la foule et ses 140 000 invités patienter dehors.

Donald Trump ne va pas assister à l’investiture de son successeur Joe Biden. La tradition veut que le président sortant et la Première dame accueillent le nouveau couple présidentiel le matin de l’investiture et que tous se rendent ensuite au Capitole. En 1801, le deuxième président américain John Adams avait lui aussi boudé l’investiture de son successeur Thomas Jefferson. Battu, il avait sapé la réputation de son ancien vice-président et quitté la Maison Blanche à l’aube du 4 mars, jour de l’investiture. Son propre fils, John Quincy Adams, remporta dans des conditions contestées l’élection en 1824, face à Andrew Jackson qui cria au vol. Quatre ans plus tard et après une violente campagne, Jackson prit sa revanche. Les deux hommes ne se rencontrèrent pas et Adams s’éclipsa la veille de la cérémonie. En 1841, pour des raisons restées obscures, le démocrate Martin Van Buren manqua aussi la cérémonie de William Henry Harris. Le 4 mars 1869, Andrew Johnson resta à la Maison Blanche pendant l’investiture de son successeur, Ulysses Grant, qui avait refusé de partager sa calèche avec lui pour se rendre au Capitole. Un siècle plus tard, en 1974, Richard Nixon manqua également la cérémonie de Gerald Ford. Il avait tout simplement quitté la Maison Blanche après avoir démissionné et avant que son successeur ne prête serment.

Les anciens présidents Barack Obama, George W. Bush et Bill Clinton assisteront en revanche à l’événement, tout comme le vice-président Mike Pence, qui a accepté l’invitation.

Le seul événement acté dans la Constitution américaine est la prestation de serment du nouveau président à midi, traditionnellement devant « le Chief Justice », président de la Cour suprême. Environ 15 minutes avant, c’est le nouveau vice-président qui prête serment. Dans l‘éventualité où le nouveau président décéderait dans l’intervalle, le vice-président pourrait dès lors lui succéder. Les paroles exactes prononcées par le président-élu sont : “Je jure (ou affirme) solennellement que j’exécuterai loyalement la charge de président des États-Unis et du mieux de mes capacités, je préserverai, protégerai et défendrai la Constitution des États-Unis.” En 2009, Barack Obama s’était trompé dans le texte. La responsabilité en avait incombé au président de la Cour suprême qui avait prononcé dans le désordre les mots du serment constitutionnel. Par précaution, le 44e président avait prêté une nouvelle fois serment le lendemain à la Maison Blanche. La même mésaventure était arrivée à Herbert Hoover en 1929. Le président de la Cour suprême avait quasiment réinventé le texte constitutionnel.

Le seul événement acté dans la Constitution américaine est la prestation de serment du nouveau président à midi, traditionnellement devant « le Chief Justice », président de la Cour suprême. Environ 15 minutes avant, c’est le nouveau vice-président qui prête serment. Dans l‘éventualité où le nouveau président décéderait dans l’intervalle, le vice-président pourrait dès lors lui succéder. Les paroles exactes prononcées par le président-élu sont : “Je jure (ou affirme) solennellement que j’exécuterai loyalement la charge de président des États-Unis et du mieux de mes capacités, je préserverai, protégerai et défendrai la Constitution des États-Unis.” En 2009, Barack Obama s’était trompé dans le texte. La responsabilité en avait incombé au président de la Cour suprême qui avait prononcé dans le désordre les mots du serment constitutionnel. Par précaution, le 44e président avait prêté une nouvelle fois serment le lendemain à la Maison Blanche. La même mésaventure était arrivée à Herbert Hoover en 1929. Le président de la Cour suprême avait quasiment réinventé le texte constitutionnel.